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Il y avait une ferme abandonnée, très près du quartier militaire. Quand nous sommes arrivés, mon épouse et moi, nous avions demandé à nous y installer. Ce fut d'abord épique car la cheminée bouchée avait tout enfumé. Un âne (d'où sortait-il ?) paissait dans l'enclos, et la nuit nous l'avons entendu faire pas mal de bruit. Au matin, nous le trouvâmes couché. En s'approchant, nous vîmes qu'il était égorgé. Ce fut la seule nuit que nous avons passée dans cette ferme... |
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Au dessus du quartier, se trouvait un bordj fortifié où se trouvait la S.A.S. La situation devenant très vite dangereuse, la nuit, il ne restait dans le quartier que les effectifs servant à monter la garde. Les autres étaient repliés dans le bordj avec aussi une garde et des rondes de nuit, d'autant plus sérieuses que nous avions été renseignés sur le fait que des éléments de nos effectifs étaient acquis à l'ennemi et pouvaient ouvrir les portes aux rebelles. Un poste retiré à une quinzaine de kilomètres avait été ainsi trahi par ses sentinelles et tout le monde égorgé pendant son sommeil. Un rescapé gravement blessé a pu faire tout le chemin pour donner l'alerte. | ![]() |
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Le quartier militaire surplombait le village. De temps en temps, nous faisions un exercice de tir qui consistait à tirer des rafales de mitrailleuse 12,7 (calibre 50) en rasant les toits. La population avait été informée de ne pas sortir pendant ces périodes qui se passaient en général à la nuit tombée. L'utilité était double : entraîner les tireurs, mais aussi dissuader les vélléités d'attentats en montrant la puissance de feu. Cependant chaque matin, nous nous apercevions que des sentinelles avaient disparu. Elles avaient rejoint les rebelles en emportant leurs armes. Il y eut un ralentissement lorsque l'on retrouva l'un des hommes égorgé. Les rebelles avaient pris les armes et tué le traître, qui aurait pu trahir une autre fois.
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